Procrastination – Terry Pratchett


PratchettAutant le dire tout de suite, je fais partie de ces quelques pauvres hères que Terry Pratchett ne fait pas hurler de rire. J’essaie pourtant, avant d’en ouvrir un nouveau, je me prépare, j’aiguise mes zygomatiques… mais non, rien à faire. Pourtant il existe des fans club, des forums, des fans enthousiastes et jamais épuisés par toujours les mêmes ressorts dramatiques, toujours le même style de gags et d’humour. Pratchett fait un carton outre-Manche à la sortie de chaque nouvel épisode de ses annales, voyons ce que nous réserve celui-là.
Un des moines du moyeu du monde se voit confier un jeune garçon, Lobsang, un petit malin dont l’acolyte en chef et le maître des novices ne savent que faire. Il sait toujours tout avant tout le monde celui-là, et sans réfléchir en plus, c’est agaçant. Mais le balayeur chargé de son éducation n’est pas n’importe qui, c’est Lou-tsé, celui pour qui a été édictée la règle numéro un : « Ne pas agir sans réfléchir face à un petit vieux chauve qui sourit« . Le grand maître va apprendre au jeune garçon à maîtriser ses fabuleuses capacités (se déplacer dans le temps, voire même l’arrêter). Car c’est leur boulot aux moines d’Alacoule de contrôler le temps.
Mais pendant ce temps à Annkh-Morpork, une mystérieuse dame Ligion demande à Jérémie Lhorloge, l’orphelin surdoué du temps de lui fabriquer une horloge ultra précise, sans dire pourquoi. La mort rôde par dessus tout ça, tentant de réunir les quatre cavaliers de l’Apocalypse encore en activité.
C’est bien du Temps dont il est question cette fois, mais tout ça part dans tous les sens et le lecteur est complètement largué. S’il s’accroche jusqu’à la fin, il saura comment toutes ces histoires s’enchaînent, comme un mécanisme d’horloge. Avant d’en arriver là, vous aurez certainement au moins souri, même si vous êtes comme moi récalcitrant à ce genre d’humour. Pratchett à des réparties irrésistibles, c’est évident. Pour rire franchement, il faut apprécier le comique de répétition un peu lourd (le serviteur de Jérémie a un cheveu sur la langue, c’est lassant au bout d’un moment) et l’humour ras des pâquerettes. Par exemple, la philosophie du grand maître Lou-tsé se fonde sur des adages aussi profonds et drôles que « Chaque pot à son couvercle » ou « Il faut le voir pour le croire » qui truffent le livre et finissent par ne plus faire même sourire.
Mais il y a des inconditionnels qu’il faut satisfaire et qui vous en voudront sûrement de ne pas avoir tous les tomes de cette série fleuve. Si en revanche vous n’avez d’argent que pour quelques uns, je pense vraiment que celui-ci n’est pas le meilleur.

Terry Pratchett sur Mes Imaginaires

Les Annales du Disque-monde – 27 : procrastination (2002), Terry Pratchett traduit de l’anglais par Patrick Couton, L’Atalante, septembre 2005, 414 pages, 17,10€

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