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Lyonesse / 1 – Jack Vance

Vance 1Sachez, avant de lire Jack Vance, que vous avez affaire à l’un des plus grands noms de la SF et de la Fantasy américaine. Reconnu et célébré, le grand auteur suscite éloges et admiration. Je m’en vais donc prendre des pincettes pour vous expliquer que je me suis franchement ennuyée en lisant le premier volume d’une des ses plus récentes séries (il a commencé à écrire dès l’âge de dix ans, i.e. en 1926, et a publié pour la première fois en 1945).
Voici l’histoire de la belle Suldrun, fille du roi de Lyonesse Casmir et de la reine Sollace, parents au moins indifférents, au pire, cruels. La princesse aime la solitude de son jardin, bien éloigné des machinations politiques de son père. Mais quand on est fille de roi, on n’est pas maître de son destin, aussi son père décide-t-il qu’elle épousera un certain prince Carfilhiot. Elle résiste et n’assiste pas aux noces, et son père l’enferme définitivement dans son jardin qu’elle aime tant. Douce prison pleine de surprises puisque vient s’échouer sur la rive un beau prince que son traître de frère vient de faire passer par dessus bord. Les deux jeunes gens s’aiment, se marient clandestinement, font un enfant et décident de fuir. Mais ils sont trahis. Le beau prince parvient à s’enfuir mais est fait prisonnier ; l’enfant naît, c’est un garçon, non finalement, une fille car le garçon est confié aux fées de la forêt qui vont prendre soin de lui.
Nous sommes au tiers du roman et déjà je n’en peux plus. J’espère à chaque page que cette histoire de princesse va prendre de l’ampleur mais c’est peine perdue : on reste dans l’insipide jusqu’à la fin. Bien sûr, Vance crée un monde d’une grande densité. La géographie des Isles Anciennes est riche et irréprochable, leur politique tellement complexe qu’on s’y croirait. Souvent Vance abandonne ses héros dans une position fâcheuse pour développer longuement les manipulations et alliances nouées à la cour de Casmir le méchant roi. Les paysages traversés aussi bien en mer que sur terre sont méticuleusement décrits et participent à la cohérence de ce monde imaginaire. Mais Dieu que cette histoire est mièvre ! Je souffre peut-être d’un déficit de romantisme, mais enfin je me demande comment, passé seize ans, on peut trouver intérêt à ce roman. On peut s’accrocher à la description du monde lui-même ou aux tractations politiques (si l’on arrive à suivre), mais l’intrigue elle-même me semble extrêmement mièvre. Essayons un autre cycle…

Lyonesse – 1 : le jardin de Suldrun (1983), Jack Vance traduit de l’anglais (américain) par Arlette Rosenblum, Presses Pocket, 1985, 510 pages

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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