Jeunesse

La trilogie de Bartiméus / 2 – Jonathan Stroud

StroudDeux ans et demi se sont écoulés depuis la fin de L’amulette de Samarcande qui a vu la victoire du jeune Nathaniel sur le traître magicien Simon Lovelace. Du coup, le jeune magicien a pris du grade, en entrant au gouvernement au service des Affaires internes sous les ordres de la très puissante Jessica Whitewell, ministre de la Sûreté du Territoire. Le territoire de la Grande-Bretagne dirigée par des magiciens. Et il a beaucoup à faire Nathaniel, alias John Mandrake, car la résistance sévit au cœur de Londres dans une vague d’attentats destructeurs. Car tous les Britanniques ne sont pas partisans du gouvernement des magiciens, loin s’en faut. C’est le cas de Kitty, issue d’une famille modeste et recrutée par la bande de Pennyfeather car elle fait naturellement preuve d’une certaine résistance à la magie. La jeune fille a eu affaire à la justice des magiciens et depuis les déteste.
Les nombreux chapitres donnent tour à tour la parole à Nathaniel, à Kitty et à Bartiméus, le fameux djinn que Nathaniel s’est vu contraint d’invoquer à nouveau malgré sa promesse à la fin du tome précédent. Car Nathaniel n’arrive pas à s’en sortir seul : une créature maléfique détruit Londres sans que rien de magique ne semble pouvoir l’arrêter. Un coup de la résistance ? C’est ce que voudrait croire le gouvernement mais rien n’est moins sûr. Pour en être certain, Nathaniel se rend à Prague pour percer le mystère des golems.
Alors que le premier tome semblait sans équivoque sur le gouvernement des magiciens, ce second opus nuance largement cette impression. En effet, par la voix de Kitty, on apprend à quel point ce régime aussi peut être injuste, surtout à l’égard de ceux qui sont pauvres et dépourvus de droits. De fait, Nathaniel le héros ne se trouve pas forcément du côté des gentils puisqu’il est de ceux qui oppriment. Les enjeux de l’intrigue n’en deviennent que plus ambigus et donc intéressants.
Dommage que certains passages soient si longs et noient l’action dans un déluge de descriptions inutiles et de scènes annexes. L’ensemble est trop long et manque de dynamisme, Bartiméus intervenant beaucoup moins que dans le premier tome qu’il vivifie de son tonus verbal. Bref, on s’ennuie un peu mais pas trop, on peut tout espérer du dernier tome à venir.

Jonathan Stroud sur Mes Imaginaires

La trilogie de Bartiméus / 2 : l’œil du golem (2004), Jonathan Stroud traduit de l’anglais par Hélène Collon, Albin Michel (Wiz), octobre 2004, 663 pages, 17€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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