Le pays du fou rire – Jonathan Carroll


Carroll.jpgThomas Abbey a deux buts dans la vie : ne plus être le fils de Stephen, défunte star de cinéma, et écrire la biographie de Marshall France, écrivain pour la jeunesse décédé à quarante-quatre ans d’une crise cardiaque. Alors qu’il rachète à une jeune femme, Saxony, un livre quasiment introuvable du grand homme, Thomas décide de rencontrer son éditeur puis d’aller à Galen, Missouri, la ville où il a longtemps vécu et où vit encore sa fille Anna, connue pour avoir découragé nombre de biographes.
Thomas et Saxony partent pour Galen où ils sont beaucoup mieux accueillis qu’ils ne croyaient. Anna donne rapidement son accord pour la biographie et ouvre ses archives familiales tandis que les habitants les abreuvent d’anecdotes. Une atmosphère étrange flotte pourtant sur cette ville, quelque chose d’aussi indéfinissable qu’un mauvais rêve dont Tom ne parviendrait pas à se réveiller. Il le faudra bien pourtant quand il entendra le chien Piolet parler dans son sommeil.

Le premier roman de Jonathan Carroll donne le ton des suivants : lentement, une atmosphère étrange s’installe, accumulant des détails insignifiants qui finissent par intriguer. Le lecteur est comme le narrateur : il navigue dans une ville où la bizarrerie devient imperceptiblement dangereuse. C’est ici le mystère d’un grand écrivain démoniaque qui est peu à peu révélé aux yeux de l’admirateur incrédule et malgré lui complice d’une vaste machination littéraire et ô combien créatrice. Le suspense ne faiblit pas jusqu’à la toute dernière page. Teinté d’une quête identitaire non dénuée d’humour, ce roman est un vrai plaisir qui mérite bien qu’on le ressorte de derrière les fagots.

Le pays du fou rire (The land of laughs, 1980), Jonathan Carroll traduit de l’anglais (américain) par Iawa Tate, J’ai Lu SF, 1988, 314 pages

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