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Les Chroniques d’Alvin le Faiseur / 1 – Orson Scott Card

Card-2.jpgChez les pionniers américains, les croyances se mêlaient et s’emmêlaient. Sorcellerie et christianisme cohabitaient, plus ou moins mal. C’est dans ce cadre, à peine modifié, et au milieu de ces tensions qu’Orson Scott Card place l’intrigue de son cycle de fantasy, sortant donc des cadres habituels du Moyen Age européen.
On s’attache à la famille Miller, quatorze enfants, dont le père, Alvin, affronte ouvertement le révérend Thrower et son galimatias moralisant et autoritaire. Mais sa femme Fidelity, veille, se rend à l’église et oblige son mari à participer à sa construction. Elle est au carrefour des croyances magiques et officielles et figure une truculente pionnière. Leur septième fils, Alvin junior, a des dons : il échappe à la mort à plusieurs reprises et parvient à concevoir des choses quasi surhumaines (comme détacher d’une pièce et déjà taillée une meule de la falaise). Il a également des visions qu’il n’arrive pas à interpréter. Un jour, le vagabond poète Mot-pour-Mot s’installe chez les Miller et va aider Alvin junior à se comprendre et comprendre le monde. Par exemple le monde difficile du révérend Thrower, aussi incompréhensible que contradictoire. Mais le révérend a déclaré la guerre à la sorcellerie et fait d’Alvin junior le Mal incarné qu’il faut éliminer.
Ce premier tome, un peu long parfois, plonge le lecteur dans une ambiance à la fois magique (plusieurs personnages ont des visions) et hyper réaliste. La famille, le travail, le courage, l’intolérance, la lutte de tous les jours contre les éléments (excellentes cinquante premières pages)… tout est parfaitement mis en scène pour permettre d’imaginer ce monde de la conquête de l’Ouest où le puritanisme n’est pas aussi bien installé qu’on le croit. Alvin junior n’a que dix ans à la fin de ce premier tome et se trouve déjà au croisement de conflits et de puissances qui le dépassent. A suivre.

Orson Scott Card sur Mes Imaginaires

Les Chroniques d’Alvin le Faiseur – 1 : le septième fils (1987), Orson Scott Card traduit de l’anglais par Patrick Couton, Gallimard (Folio SF n°14), janvier 2004, 356 pages, 5,30€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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