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La falaise hantée – Dorothy Macardle

MacardleCe n’est pas tant la falaise que la maison dans laquelle Roderick Fitzgerald et sa sœur Pamela s’installent qui est hantée. Les noms des protagonistes place ce roman sous les meilleurs auspices, et c’est d’ailleurs ainsi qu’il débute. Tous deux cherchent à quitter la ville, lui pour écrire, elle pour sa santé. Ils sont sous le charme de Cliff End, vieille demeure battue par les vents de la Cornouaille, ensoleillée et accueillante. Ils l’achètent une bouchée de pain à un militaire retraité : un bon départ pour une nouvelle vie.
Mais bien sûr, tout se complique rapidement. On entend des bruits, des sanglots, l’atmosphère se glace soudain et des spectres vaporeux apparaissent. Il semblerait que la fille de l’ancien propriétaire, morte brutalement, revienne là où elle a vécu pour retrouver sa fille Stella qui vit désormais dans le bourg voisin avec son grand-père. Roderick et Pamela vont devoir dévoiler les secrets de cette famille afin de pourvoir espérer vivre en paix à Cliff End.

Tous les ingrédients du genre sont là, bien traités, sans grandiloquence ni effets fantastiques démesurés. Tous les personnages ont bien la tête sur les épaules (incroyable flegme britannique teinté de bon sens irlandais), et sont dotés de personnalités très riches. Les lecteurs pressés trouveront que l’atmosphère est longue à se mettre en place mais je dirais que Dorothy Macardle soigne ses effets et crée peu à peu une ambiance qui devient vite inquiétante. On sent le secret de famille, les mensonges qui plombent rapidement les relations entre les personnages.
Le tout ne manque cependant pas d’humour, en particulier grâce aux personnages annexes (le spirite improvisé, les amis acteurs) et à la bonne cuisinière bien cancanière. Dorothy Macardle manie les lieux communs du genre avec habilité, sans tomber dans le cliché. Irlandaise, l’auteur fait honneur à la tradition fantastique de son pays.

Le roman a été adapté dès 1944 par Lewis Allen (avec Ray Milland, Gail Russel et Ruth Hussey).

 

La falaise hantée (1941), Dorothy Macardle traduite de l’anglais (irlandais) par Antoinette Laurent et Anne-Sylvie Homassel, Terre de Brume (Terres fantastiques), janvier 2005, 363 pages, 19,75€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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