Adultes

La tour du diable – Mark Sumner

Sumner« Le chaman arriva en ville juste avant le coucher du soleil, monté sur un cheval mort« .
A Medicine Rock, le shérif voit de plus en plus de ces créatures étranges et maléfiques venues le défier jusque devant son bureau. Il aurait bien besoin d’un adjoint, alors pourquoi pas le jeune Jake Bird, fils d’un shérif assassiné par la seule magie du verbe du diabolique général Custer. Mais Jake ne se connaît aucun talent, pas plus en visionnage qu’en bavardage ou en gribouillage.
Pourtant, depuis la fin de la guerre de Sécession, les talents se sont multipliés sur cette partie de l’Amérique et toutes sortes de monstres font régner le malheur sur le désert et les quelques habitants qui lui reste. Poursuivi par les génies du Mal, Jake va développer et apprendre à utiliser ses talents. Contraint de fuir Medicine Rock, il va au-devant de villes fantômes, manquant d’agoniser dans le désert. Il rencontre l’amitié, la peur et l’injustice, l’amour aussi.
Cette heureuse réédition met en lumière ce texte original passé plutôt inaperçu à sa sortie. Original car la fantasy sort ici de son carcan médiéval pour se glisser habilement dans un décor de saloons et de pistes poussiéreuses : les Etats-Unis au sortir de leur guerre civile retrouvent des héros possédés par une volonté diabolique de toute puissance. On en transpire tellement il fait chaud, et la poussière vous colle la langue au palais. L’auteur n’est pas avare de scènes bien sanguinolentes où tripes et boyaux retrouvent souvent une seconde vie. Le jeune héros n’est ni couard ni courageux, il aimerait juste être ailleurs, au calme. Les circonstances le poussent à se dépasser et cherchant au fond de lui-même, il y trouve juste assez de magie et de trouille pour affronter le verbe assassin.
A conseiller à tous ceux que les scènes un peu sanglantes ne rebutent pas.


La tour du diable (1996), Mark Sumner, traduit de l’anglais (américain) par Patrick Couton, Pocket, mai 2005, 406 pages, 7,50€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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