Déchirures – Sire Cédric


Sire CedricLes démons dansaient parmi les hommes, et lui seul le savait, lui seul le voyait » et il en rend compte, Sire Cédric, grâce à ce recueil de nouvelles en partie inédites. Diables, démons, vampires, créatures mi-hommes, mi-animales, l’éventail des êtres malfaisants est large et suffisamment angoissant pour créer un certain malaise. Cette écriture-là est donc hautement performative, ce qui est à mettre au crédit de ce jeune auteur que l’on imagine tout de noir vêtu. Il est toujours question d’innocence salie (filles violées, innocents torturés…) par des hommes soumis à leurs instincts, leurs pulsions et cela depuis leur plus jeune âge (« Chérubins »). Car qui a souffert fera souffrir plus encore, avec raffinement et délice : l’innocence bafouée se venge, parfois de façon sordide (« Deathstars »).
Et c’est bien là que se trouve la faiblesse de l’auteur : l’accumulation de sévices insoutenables tourne au systématique alors que la suggestion aurait été plus subtile. On a envie de crier n’en jetez plus, alors que se vérifie l’adage un tantinet éculé : « les parents boivent, les enfants trinquent ». Éprouvé, le lecteur n’en apprécie pas moins les mondes marginaux décrits de façon très réaliste, en tout cas crédible, pour ce que j’en sais. Ces jeunes gens improbables, troués, tatoués, parés de noir (« Nocturnes »), aux cheveux moralement trop courts (« Carnage ») sont décrits de l’intérieur par une plume qui semble bien les connaître. La peur et la folie règnent en maître dans toutes ces nouvelles, en particulier dans la plus réussie, à mon avis, « Vexilla regis prodeunt inferni ».
Si vous ne les connaissez pas encore, je vous recommande donc de découvrir les éditions Nuit d’Avril grâce à ce recueil. Leurs ouvrages sont sobres et élégants et leurs choix éditoriaux révèlent un vrai engagement aux côtés de jeunes auteurs qui seront, gageons-le, les grands de la littérature fantastique de demain.

Sire Cédric sur Mes Imaginaires

Déchirures, Sire Cédric, Nuit d’avril, avril 2005, 249 pages, 16,50€

.
.

Pour recevoir un mail à chaque nouvel article publié :

.

Le roman débute là où s'arrêtait L'affaire Jane Eyre (messieurs les éditeurs, il serait bon de préciser qu'il s'agit d'un tome 2…) : Jack Maird est coincé dans Le corbeau, poème d'Edgar Poe et il n'existe plus de Portail de la Prose pour aller l'y récupérer. Il va pourtant bien…
"Le chaman arriva en ville juste avant le coucher du soleil, monté sur un cheval mort". A Medicine Rock, le shérif voit de plus en plus de ces créatures étranges et maléfiques venues le défier jusque devant son bureau. Il aurait bien besoin d'un adjoint, alors pourquoi pas le jeune…

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *