Meddik – Thierry Di Rollo


DiRolloLire un roman de Thierry Di Rollo est toujours une épreuve. Les âmes sensibles peuvent s’abstenir et les futurs lecteurs être prêts à contempler les tréfonds de l’âme humaine. Car John Stolker, le héros de Meddik a beau être un personnage de fiction, il n’en est pas moins aussi vivant, à la lecture, que n’importe quel bourreau nazi, n’importe quel salopard d’inquisiteur jouissif et patenté. Il est donc forcément dérangeant de suivre à la première personne, les faits et gestes d’un tortionnaire qui n’a même pas pour excuse d’être fou.

John Stolker a grandi chez les nantis d’une planète poubelle nommée Terre. Ecoeuré par le monde, les hommes et la religion, il prend le chemin du pouvoir, celui de la vie et de la mort. La mort des autres, systématique et impitoyable, et la sienne propre à l’aide de multiples drogues. Et les vautours de tourner au-dessus de Grande-Ville, prélevant jour après jour leur lot de chair humaine, morte ou vive…

Chaude ambiance donc, à la Thierry Di Rollo. On pourra reprocher à ce roman de ne pas avoir d’intrigue suivie. Le lecteur est habituellement rassuré par une lecture linéaire qui fait se succéder début, rebondissements et fin. S’il y a bien ici un début et une fin (le livre est découpé en quatre époques différentes et chronologiques de la vie de Stolker), l’ensemble manque singulièrement d’événements pour soutenir l’attention. Stolker jouit, Stolker tue, Stolker se meurt infiniment… Une certaine complaisance dans le giclement de cervelle et l’écrabouillement d’organes peut lasser… Il me semble que l’intérêt se trouve plus dans le portrait d’une âme, humaine malgré tout, que dans une histoire à rebondissements. C’est le parcours de Stolker qui intéresse l’auteur.

Si vous êtes un boute-en-train irrémédiablement optimiste en phase avec le monde, ce livre n’est pas pour vous. Idem si vous êtes dépressif. Restent les amateurs d’apocalypse sans retour, d’enfer terrestre et au-delà sans rémission possible. Et les fans de Thierry Di Rollo, qui suivent son noir sillon.

Thierry Di Rollo sur Mes Imaginaires

 

Meddik (ou le rire du sourd), Thierry Di Rollo, Le Bélial, mars 2005, 237 pages, 13€

 

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