Jeunesse

E-den – Raymond Clarinard & Mikaël Ollivier

Clarinard.jpg

Dans un futur plus ou moins proche, Serge Poiret est flic, spécialisé dans les stupéfiants. Divorcé, un fils de quinze ans, Goran, et beaucoup de travail. Il doit même renoncer à ses vacances en Bretagne pour se rendre au chevet de Mel, la fille d’un politicien très haut placé. L’adolescente est dans le coma, sans que l’on sache pourquoi. Goran aperçoit furtivement Mel et tombe immédiatement amoureux d’elle. Il va lui aussi chercher à connaître la cause du coma et réussir à se procurer une nouvelle drogue, l’E-den, qui grâce à des nanorobots transporte le drogué dans un monde virtuel de pur bonheur. Pour rencontrer Mel, Goran teste lui aussi cette drogue d’un genre nouveau.

L’univers créé par Mikaël Ollivier et Raymond Clarinard est tout à fait cohérent et l’intrigue bien menée. La société décrite, futuriste mais pas trop, sans être originale, dessine une évolution plausible de notre système d’exclusion des pauvres en périphérie et de la grande Europe de demain. La découverte de nouvelles drogues, les tentations et besoins qu’elles créent chez les adolescents, tout cela sonne juste.
Ce qui l’est moins, ce sont les relations très caricaturales entre un père qui veut être présent mais qui travaille trop et un fils qui aime son père, ne lui dit pas et a besoin de lui pour devenir un homme. Les dialogues entre les personnages manquent étonnamment de naturel. La scène de rencontre entre les deux adolescents me semble par exemple totalement ratée tant elle est factice et caricaturale : « Dès lors, plus rien d’autre n’existe pour eux que leur chaleur mêlée. Leurs cœurs battants à l’unisson mais plus vite qu’ils ne l’ont jamais fait, Mel et Goran pourraient rester ainsi, immobiles dans les bras l’un de l’autre, jusqu’à la fin des temps« . L’alternance à chaque chapitre des points de vue de l’un et de l’autre donne cependant un certain dynamisme à l’ensemble. L’idée de départ est intéressante et bien traitée.

E-den, Mikaël Ollivier et Raymond Clarinard, Thierry Magnier, mai 2004, 205 pages, 8€

A lire aussi :

La rage / 1 : Boisserie & Kerfriden C’est en 2012 que s’est déclenchée l’épidémie. Seuls les enfants sont infectés et se transforment en monstres assoiffés de sang. Toute la planète es...
A l’image du dragon – Serge Brussolo Le jeune Nath appartient au Peuple du Soleil. Issu d'une famille déshonorée par la faute du père, Nath retrouve estime et respectabilité en devenant...
Le voyage improbable – Turf Chouette, revoilà Turf ! Il suffit d’entrapercevoir la couverture pour deviner que le grand Turf est de retour au mieux de sa forme. Ces visage, ces c...
Jolies ténèbres – Vehlmann & Kerascoët... On dit souvent que les enfants sont innocemment cruels, qu'ils sont capables du pire comme du meilleur parce qu'ils ne distinguent pas le Bien du Mal....

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *