Jeunesse

Kaena, la prophétie – Pierre Bordage

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Le peuple sapien vit dans la cité du Milieu, située sur Axis, l’arbre-monde. C’est une civilisation archaïque, dotée de lois et de croyances rigides, dont la survie repose sur la sève des arbres qui sert d’offrande aux dieux censés protéger Axis. Mais elle se fait de plus en plus rare et Elaïm, le grand prêtre, estime que c’est un signe de la colère des dieux.

La jeune Kaena, fille adoptive d’Elaïm, ne croit plus aux dieux. Révoltée par la mort injuste de ses parents (ils sont tombés dans le Néant qui entoure la cité du Milieu) et par la fragilité de son monde qui chancelle et s’écroule, elle s’approche du Néant afin de le scruter et de découvrir ce qu’il cache. Elle découvre alors un objet métallique et tranchant d’un métal inconnu sur Axis. Il déclenche la colère d’Elaïm qui accuse Kaena l’incroyante d’être la cause de la colère divine. Poursuivie par le peuple galvanisé par la colère d’Elaïm, Kaena décide de s’enfoncer dans la Mer des Nuages qui borde le Néant. Elle tombe et s’égare pour finalement échouer dans un endroit peuplé de verdaxes. Ces gros vers sont le principal aliment des Sapiens qui les élèvent en enclos et les considèrent comme les créatures les plus primaires qui soient. Mais là où elle est arrivée, les verdaxes parlent et sont dotés d’une puissance technologique inconnue des Sapiens.

Cette science leur vient d’Opaz, un être très vieux venu d’une autre planète dans son jeune âge. Il est le seul survivant des Vécariens, peuple très évolué qui a dû quitter sa planète en cours de destruction. Mais les navettes vécariennes se sont écrasées pour ne laisser qu’Opaz et Vécanoï, un ordinateur moléculaire contenant toute la mémoire des Vécariens. Opaz a construit, avec l’aide des verdaxes, un vaisseau galactique destiné a le ramener sur sa planète. Mais il doit d’abord retrouver Vécanoï. Les voix que Kaena entend parfois et ses visions d’une boule de lumière bleue, sont des manifestations de Vécanoï selon Opaz. Elle va donc aider Opaz à retrouver l’ordinateur. Ainsi Kaena va-t-elle apprendre que le Grand Néant s’appelle l’espace et qu’il est peuplé de nombreuses planètes. Elle va découvrir que le monde ne se limite pas à ce qu’elle connaît ni à ce que ses sens perçoivent ; qu’un simple changement de lieu peut renverser les rapports de forces entre créatures (verdaxes / Sapiens).

Ce premier livre de Bordage destiné à la jeunesse est très décevant. On attendait vraiment mieux de la part de l’auteur des Fables de l’Humpur. Où est le plaisir des mots qu’il pratique si bien par ailleurs ? Où est le conteur ? L’imagination si fertile et créatrice de Bordage est ici minimaliste et convenue. On ne s’attache pas à l’héroïne dont les motivations ne sont pas explicites. Les verdaxes, mi-vers, mi-chenilles, ne sont pas plus attachants. L’histoire est finalement sans surprise : Opaz meurt et la mémoire de Vécanoï est transmise à Kaena chargée de guider le peuple sapien vers une planète plus accueillante. Summum de la lourdeur démonstrative, dans l’une des dernières phrases :  » Seule la connaissance peut nous délivrer des chaînes de la peur « . Sous la plume de Bordage, on s’attendait à mieux ; ses admirateurs seront déçus.

Pierre Bordage sur Mes Imaginaires

Kaena, la prophétie, Pierre Bordage, Mango (Autres Mondes), 2002

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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